mercredi 30 juin 2010

Les post-it roses.

C'est mardi, le deuxième jour de mon an neuf, de ma version 3.0, que j'ai décidé de tout. J'ai trouvé ma manière de dire "Bonjour Jeff" au patron, dont découle ma manière de dire bonjour ensuite à Mohammed et puis Muriel et puis Sarah. Je suis la quatrième dans l'ordre d'arrivée, je ne rate pas mon train, mon chemin est identique chaque matin (c'est simplement le plus beau), il ne varie que légèrement le soir (je préfère passer par la rue de Flandre en revenant). Il y a des gens qui se laissent envahir par la routine, il y a les gens qui passent leur vie à se débattre contre elle (finissent par foutre en l'air le meilleur et partent planter la canne à sucre à Cuba, encore merci pour ça) ; pour mon compte je définis au plus vite, spontanément et consciemment, ma routine. C'est la seule manière d'avoir un joli quotidien, à défaut de sauver le monde chaque matin, et la seule manière aussi de garder les cartes en main. J'ai dit à Jean-Louis "J'ai peur de finir par avoir une vie de con.", et il a répondu "Tu en changeras juste avant. N'oublie pas de dépenser tout ton argent entièrement." Quand tout est fini, les dernières virgules changées, la corbeille vidée, l'historique effacée (je suis une employée tellement parfaite que je ne vais même pas sur Facebook à la fin de ma pause de midi), tous les pipis dans la toilette, tous les sandwiches, lait de soya-vanille de quatre heures, décilitres d'eau et hectolitres de café dans mon ventre, je prends un petit post-it et je note dessus les tâches par lesquelles je vais commencer ma journée du lendemain. Je dis Au revoir Claire, Au revoir Christophe, et je peux tout oublier.

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Euh.