Peut-être que je suis un peu trop grande pour répéter en boucle le triptyque de Ballad of a thin man/I want you/Most likely you go your way and I'll go mine. L'avantage, maintenant, c'est qu'avec les hommes mariés ou fiancés, rien ne peut être vraiment grave. (Et ta dépression n'a rien à voir avec moi, connard. C'est parce que tu viens de signer un prêt hypothécaire avec quelqu'un que tu veux pas voir dans ton lit pour le reste de tes jours, mais ça ne me concerne absolument pas. Allez, salut.)
De toute manière, ça ne se passe pas là. Contrairement à ce que je dis à ma génitrice pour le plaisir de l'inquiéter, je ne crois pas que mes problèmes de sommeil soient de l'ordre du médical (sauf si on envoie Greg H. pour me guérir, là je veux bien me faire inoculer n'importe quelle maladie très mortelle). Si un jour je me couche à 4h59 et lendemain je me réveille à 5h01, c'est à cause de ce collier que j'ai vu chez la marchande de perles (elle est rousse). J'étais allée lui commander un collier pour aller avec ma nouvelle chemise trop coule mais qui a besoin d'un collier, et j'avais vu cette espèce de lacet sur sa table de travail, ce lacet noir translucide avec des perles plic-ploc, ce qui lui donnait des ondulations tout à fait jolies et inquiétantes (mais un collier comme ça n'aurait pas été avec ma nouvelle chemise trop coule). La nuit j'ai l'impression que ce collier n'arrête pas de s'enrouler autour d'un vide. Je sais pas ce qu'il y a dans ce vide, mais je sens qu'il y a quelque chose-quelqu'un dedans. En fait, je sais très bien, mais je préfère aller faire pipi en regardant la façade de l'Opéra (les toilettes ont toujours été les lieux les plus romantiques de mon existence). J'ai froid aux fesses et puis je vais me préparer mon café. Le déni est mon ami.
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Euh.