Ah oui, mon premier examen c'est dans tout pile une semaine, mais comment dire ?
Il y a encore tout le temps des choses qui continuent à me surprendre. Un angle nouveau de la Porta San Vitale ou de la Piazza Androvandi, le fou qui parle de psychiatrie dans un mégaphone à vélo sous les Due Torri (les fous sont vraiment ce qu'il y a de plus beau, du moins quand ils sont propres), l'enseigne "tipografia" qui m'attire maintenant maladivement. J'ai encore plein de choses à découvrir, je commence seulement à aimer les mesdames en vison (est-ce qu'on peut dire qu'on a vu l'Italie quand on n'en a vu que le soleil et pas ces défilés de fourrure d'un autre temps ?), et déjà les garçons commencent à me dire un peu au revoir. Andrea me remercie pour tout ce que blablabla, Nicola déplace ses déplacements d'affaire en fonction de mes déplacements à venir, le Portugais s'est enfin décidé à conclure cette histoire de regards qui n'en finissaient pas, de ma fenêtre à sa terrasse et vice-versa, Stefano (note à Bérénice : il est juste un peu plus poilu que P., c'est la seule différence) voudrait me faire entendre ce concert avant que je ne parte, Alessandro déplace sa nonchalance de plus en plus souvent pour venir me voir. C'est quand même un peu affolant. Plutôt à cause de ces espèces d'adieux anticipés que de l'idée de devoir me séparer d'eux. Voire, c'est même assez pratique de pouvoir les laisser tous ici, refermer la porte et passer à autre chose. Sauf un, celui qui veut absolument me faire découvrir l'intérieur de la Sardaigne et monte les quatre étages en moins de quarante-deux secondes. Il a peur d'être un passant vite oublié et je me rends compte que j'arrive maintenant à tomber dans les affres des hormones déguisées en amour sans devoir retenir une envie de transformer la victime en compagnon de voyage. Oui, je suis seule, je suis terriblement seule et c'est terriblement bon de voyager seule, c'est ce que j'ai appris cet été entre Moscou et Chengdu. Mais je voudrais bien un chat, le jour où j'aurai installé mes livres quelque part.
Pendant les trajets entre Bologne et Ravenne, pendant que de semaine en semaine je voyais dépérir les vignes, j'avais pensé que j'aimerais bien voir le printemps en Émilie-Romagne. Mais il est déjà là, parfois, le matin, et pour le reste, je suis contente que ce soit en février que je retourne parce que février, c'est quand même le seul mois vraiment beau de Bruxelles. Et j'espère voir le printemps ailleurs. (Dans les seins d'Emmylou ?)
(Oui, bon, ça, c'est pour faire la maligne parce que la photo a été prise de ma salle de bains à trois heures du matin, ce qui prouve que mon ISO est VRAIMENT trop coule.)

Oui !
RépondreSupprimerOui, voyager seule, c'est cool.
RépondreSupprimerM'enfin, tu es la plus énervante en voyage.
Qui l'aurait cru ?
(C'est ma propre constation de cet été.)
(J'ai pas dit de Stockholm à Moscou, hein.) (Du reste, oui, tu sais bien que je te donne raison.) (Mais je suis quand même utile pour lire les stations de métro et acheter des billets dans des langues barbares, hein ?)
RépondreSupprimer(C'était une constation non-méchante et juste. Tu sais bien que j'accepte ta misanthropie.)
RépondreSupprimer(Dans l'adversité, je m'en suis bien sortie avec le body language. Je t'aime quand même.)
J'en étais sûre.
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