Comme si manger allait mettre de l'ordre dans ce grand bordel à l'intérieur de ma tête. Entre celui qui ne rappelle pas, celle que je ne rappelle pas, ceux qui m'appellent dans la cour depuis leur terrasse et à qui je ne réponds pas (éteindre les lumières, ne pas s'approcher de la fenêtre, faire comme si je n'étais pas là, et trouver un prétexte pour demain). Ce supermarché de cours qui s'est transformé en un grand cauchemar (je n'ai pas le don d'ubiquité, merde). À vingt-et-un ans, je sais depuis longtemps reconnaitre le bonheur, mais je reste encore incapable de dire ce que je sens quand une brosse à dent disparait de ma salle de bain. La nuit je rêve que Giulia est encore là. Et je mange.

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Euh.