C'est peut-être au moment où j'ai tourné le dos à la porte d'entrée de chez Bob et où j'ai pensé que j'avais vu pour la dernière fois le parquet de son appartement, les trois pièces en enfilade et les toilettes qui ne ferment pas. Ou alors c'est au moment où j'ai réussi à fermer - après trois tentatives - la porte de chez Margaux, et où j'ai pensé que je ne toquerais plus jamais à ses volets en passant comme je l'ai fait souvent, qu'il n'y aurait plus ces soirées (bonbons, chocolat, clafoutis, tiramisù, spéculoos) qui ne finissaient que la gorge sèche, dans une grasse matinée ou un examen. Puisque Bob changera de ville et Margaux emménagera en couple pendant que je serai partie, bientôt. Je ne sais pas à quel moment il a commencé, le cafard.
C'est pas que je voulais rester, c'est qu'il m'est apparu, tout à coup, que j'allais manquer des choses qui comptent peut-être. Il y a le ventre d'Anne-Sophie qui va commencer à grandir, il y a les premiers livres de notre maison d'édition qui vont être imprimés, il y a l'ennui et la sécheresse de ma soeur dans ses baxters que je ne vais pas pouvoir soulager.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Euh.