À volets ouverts.
dimanche 8 juillet 2012
Une joyeuse entrée sur sa moto joyeuse, mes bras autour de son corps, mes pumps orange au bout de mes cuisses dans les rues oranges de Bologne au soleil. Je suis rentrée par la grande porte. Dans les restaurants, les cafés, il a dit "Ne leur en veux pas, des jambes longues comme les tiennes, c'est exotique ici."
mercredi 7 mars 2012
Strasbourg, mon
J'avais vingt-et-un ans la première fois que je lui ai ouvert la porte, lui trente-et-un. La prochaine fois qu'on se verra, ce sera pour mon anniversaire de vingt-quatre ans. Par voie de conséquence, lui aussi s'est pris trois ans dans les dents. Sa mignonne petite barbe drue et sombre de trois jours (manager épicurien rapace) a été remplacée progressivement par une vraie barbe douce (est-ce que j'aimais ça, avant ? est-ce j'aime ça ? je veux dire hors contexte) et grise vers le menton. On voit maintenant que les poils sont plus espacés que chez beaucoup d'autres hommes, et je jure que j'y ai vu, zigzag, des sourires le long de l'Ill tout à l'heure. Je ne l'ai pas sauvé, d'ailleurs je me suis faite à l'idée que je ne sauverai jamais personne et c'est très bien comme ça — ça me sauve des visites de courtoisie. Ce week-end les lettres ont recommencé à avoir une voix. Après deux ans de silence, j'ai recommencé à lire. Je lis ET je danse, pour la première fois en vingt-trois ans.
dimanche 20 novembre 2011
Le passé lavé à sec
Bien plus qu'à Buenos Aires (au final, c'est un même vent qui souffle de capitale en capitale, sans doute on y construit différemment, mais l'air est le même a Paris, Moscou et Pekin), c'est en province qu'il sont le plus admirables. Elles, la cigarette aussi longue que le collier de rides, les lunettes de soleil immenses carrées embrumées, les lèvres maquillées trop haut, sans jamais renoncer ni aux talons ni à la veste de tailleur déposée sur les épaules. C'est du haut des époques torrides d'autrefois, derrière la brume marron, qu'elles ne vous regardent pas. Eux, un cigare trop épais quelques fois, droits, tres droits, jusqu'au jour où ils plient totalement, bien repassés, cirés, amidonnés, gélifiés, polyglottes muets. Un peu plus qu'ailleurs, ils semblent ailleurs (comme moi), c'est leur plus grand luxe, c'est leur plus grande élégance.
dimanche 28 août 2011
samedi 16 juillet 2011
jeudi 23 juin 2011
dimanche 29 mai 2011
Un peu comme sur cette route torride, j'ai vu la grande descente il y a un an et demi et j'ai pas eu peur de laisser mon pied sur l'accélérateur, parce que je savais qu'une grande remontée allait forcément arriver et qu'elle serait fantastique. Je veux dire : quand on part du niveau de la mer et qu'on part à la montagne, on sait qu'on ne peut pas descendre indéfiniment. Mais je pensais que ce serait la descente, la chose la plus difficile (stupide fille) et je n'imaginais pas que ce serait difficile de regagner en gaité. Je ne sais pas très bien comment me préparer à ça. On n'est plus qu'à deux doigts de cette chose qui voudra peut-être dire que je serai heureuse le reste de ma vie, et je n'ai que des chansons tristes dans mon iTunes.
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